Maquettes Ferroviaires
et Collections

VB la Grande Marque des petits trains
La marque reine des années 50


VB est avec SMCF les deux marques qui ont fait basculer le train miniature Français vers un modélisme fidèle et à l’échelle HO. Cette rubrique vous en conte l’histoire en mettant en scène des modèles VB sur mon réseau collection.

Entreprise artisanale emblématique par excellence, VB est créée en 1946 par Messieurs Vollon et Brun. Installée 5 avenue de la république à Paris, elle produit dans un premier temps une formidable série de wagons marchandises, d’une finition remarquable, fabriquée à la main en presspahn (sorte de carton dense que l’on pouvait matricer), bois et métal. Au début des années 50, VB propose un système complet de voies trois rails très réalistes pour l’époque à grands rayons de courbure. Enfin en 1955, ultime étape avec la première locomotive, la BB 9001 puis les wagons voyageurs à carrosserie plastique. Vers 1962, VB passe sous contrôle de la firme anglaise Triang, qui tente à cette époque de lancer simultanément l’échelle TT en France. Ce sera un échec, Triang abandonne VB pour Hornby et la marque disparaît. André Lejeune acheta des stocks et les outillages. Il poursuivra encore la diffusion quelques temps dans les années soixante, mais cette renaissance sera sans lendemain. Les modèles VB sont devenus rares et très recherchés, donc chers. Je vous propose de raconter leurs histoires au travers de la visite de ma collection, même si elle est relativement limitée pour cette marque, surtout si l’on tient compte des innombrables variantes produites et qui caractérisent VB.

Figurant en avant dernière page du catalogue 1956, le réseau de démonstration VB de la foire de Paris 1955. Les bâtiments sont des Cropsy en bois made in France

Sur mon réseau, les dernières productions industrielles de VB à carrosseries en plastique, la locomotive diesel 060 DB et les voitures lits type P.


A l’opposé des productions industrielles, le plat à rancher chargé de tuyaux N° 58 tu.

Les wagons de marchandise de la série maquette


Deux produits VB emblématiques et trés détaillés, le mono foudre à guérite N°43 et le coke N°44

Extrait du catalogue VB 1956 donnant les caractéristiques des wagons de la série maquette. A noter que tous sont munis de tampons à ressorts et d’une suspension, ce qui est un luxe inhabituel pour l’époque.

Parmi les premières productions VB, le STEF à bogies …..

....le STEF à essieux et le couvert à toit bombé. Les premières productions sont très artisanales, souvent réalisées en toutes petites séries, voir à la demande. Toutes les inscriptions sont peintes à la main.

Dans la même série, une toute première version du fourgon de queue. La qualité des peintures n’est pas encore au rendez vous fin des années 40, début des années 50

Page présentant les wagons à bogies du catalogue 1956, à cette époque la gamme des productions est fidèle et s’est un peu industrialisée.

Sur ce cliché les wagons les plus courants en série maquette, couvert à bogies N° 50 et 51, à essieux N° 24 et 25, tombereaux à bogies N°53 et à essieux N°29 (façon métal) et N° 32 (façon bois). Tous sont livrables dans différents coloris, brun foncé, brun rouge UIC ou gris. Certains possèdent encore des immatriculations appartenant à d’anciennes compagnies comme le PLM ou la compagnie du Nord, toutes deux disparues en 1938 au profit de la SNCF.

Page des wagons à deux essieux du catalogue 1958. Les plats de la série semi maquette apparaissent avec les deux derniers types d’attelages.

Panel de production série maquette avec deux transport spéciaux, la série des foudres, les citernes à essieux Primagaz et Simotra, le transport de charbon STCM, le coke, la Minoterie de Melun et le transport de voitures ( Dauphine Micro-miniature de Norev). Dans la série semi-maquette, le porte tube N° 441 TU et le porte tracteur 441 TRAC garni d’un modèle Matchbox.

Les wagons de la série maquette dans la cour des marchandises. Le citerne Primagaz a-t-il livré le camion Unic de Micronorev au premier plan ? Sans doute pas, la gare ne possède pas les installations nécessaires

Wagons à deux essieux de la série maquette présentés dans le catalogue 1956

La 030 TAB convient à merveille pour tracter les modèles VB de la série maquette qui sur cette photo, traverse le Passage à Niveau Disque Rouge de mon réseau collection. On n’a pas fait mieux en réalisme et en présence depuis les années 50 et des modèles similaires de la marque LS Modèle, le top de la production actuelle, n’arrive pas, à mes yeux, à soutenir la comparaison.

Autre page du catalogue 1956.

Au premier plan, une très ancienne trémie à bogies N°46 « charbons de France ». Derrière le train désherbeur avec la citerne N°59 et le couvert N°624, tous les deux à carrosserie plastique. Au fond les citernes version série maquette (N°59 citerne à huile) ou à carrosserie plastique comme le très ancien CIP Pégase.

Deux trains de marchandises tractés par une 141R TAB et une BB 9200 VB sur les deux niveaux du réseau. Les inscriptions sur le tombereau « charbons de France » sont entièrement peintes à main levée comme au début de la production des wagons VB.

Le wagon qui m’a toujours fait rêver ; le STAPS (Société des Transbordement Au Port de Strasbourg). Ces wagons immatriculés AL (Alsace Lorraine) et construits par ARBEL en 1929/29 faisaient la navette entre les vallées sidérurgiques Lorraines et le port Alsacien sur le Rhin en transportant du minerai. Au retour dans le sens Alsace vers la Lorraine, ils transportaient du coke. Pour tenir compte de la différence de densité (le minerai de fer ayant une densité deux fois supérieure à celle du charbon) et optimiser le transport, ils étaient équipés de panneaux supérieurs rabattables pour charger un volume de coke correspondant à ses capacités. C’était donc un modèle incontournable sur mon réseau qui représente la traversée des Vosges. Il est ici illustré dans les pages du catalogue 1956. N’ayant pas les moyens de me composer une rame en authentiques wagons VB, j’ai entrepris sur son modèle la construction de onze unités en plasticarte de ma fabrication signées « VB by FR » (voir rubrique constructions personnelles de ce site).

Les onze wagons en cours de construction et à différentes étapes de la fabrication. Ci-dessous, une photo du wagon réel qui prouve que VB se documentait avant de lancer ses productions.


Rien de plus beau que des rames complètes et homogènes comme les ensembles trains de minerais STAPS et le train du cirque Pinder détaillé plus loin.

Gros plan sur quelques merveilles de VB, les foudres N° 43 et 36, la trémie STCM, les citernes Primagaz N° 35P et Simotra 35S. Notez l’attelage très court entre les deux foudres obtenu avec le premier attelage VB. Les grands rayons de courbure de la voie VB et les tampons à ressort le permettent.


Des modèles très rares que je ne possède pas sont illustrés sur cette page de publicité dans Loco Revue de Juillet 1957 comme les wagons à trémies Simotra, Stemi et Khalouta.

Le père de l’actrice Dany Robin célèbre dans les années 50, est Directeur technique aux établissements Vollon (VB). Elle vient lui rendre visite et se prête à une séance photos pour le magazine « Modèle Ferroviaire » sur le réseau d’essai à coté des bureaux. On y reconnaît en avant plan, les classiques de VB, surbaissé chargé d’un transformateur, Arbel, grue à col de cygne, mono-foudre, etc., le tout sur un circuit de voies VB garni de bâtiments Cropsy d’époque.


Dans les mêmes ateliers de VB, mais cette fois en 1956 lors d’un reportage paru dans la Vie du Rail N°575 pour Noël 56, Dany Robin avec son père René Robin (au milieu sur la photo de gauche) observent la machine à profiler les rails et le circuit d’essai. Comme on aimerait visiter avec eux les ateliers VB !

Les wagons de la série métal, le passage à l’ère industrielle


En 1956 est lancée la série industrielle en zamac que l’on voit en avant plan, alors qu’à l’arrière figurent les mêmes modèles en série maquette. Lorsqu’ils sont chargés, ils sont désignés wagons « semi-maquette », comme le wagon plat garni de bobines de câble REF 441 BC au premier plan. Il manque à ma collection et donc sur ce cliché les couverts à essieux et à boggies de la série zamac.


Comparaison des « fourgons de queue lumineux » N° 623 en métal à l’arrière devant le N° 23 réalisé en presspahn sur châssis en tôle.

La désignation « fourgon lumineux » provient du fait qu’ils sont tous les deux équipés d’un éclairage rouge de fin de convoi. La captation du courant se fait par un champignon, voie à plots interdite ! Cette photo permet d’observer la constitution des châssis équipés de chariots porte-essieux, à l’origine en métal moulé, puis comme ici en plastique.

Autre comparaison du tombereau à boggies N° 653C série métal avec le N° 53 en presspahn. La finesse du moulage métal permet de reproduire les rivets en bonus. A noter l’immatriculation à la compagnie du Nord de la première version, qui se transforme en immatriculation SNCF sur la seconde. Au passage, sur la série métal, les wagons ont perdu leurs tampons à ressorts fonctionnels de la série maquette. Le prix de vente d’un modèle monté de tombereau TP à boggies en métal était plus économique ; l’équivalent de 25 de nos Euros actuels contre 32 Euros pour le même en série maquette.

Cette publicité dans Loco Revue de juin 1959 montre l’ensemble de la production des wagons de marchandise métal, plat, couverts, tombereaux. Ils étaient aussi disponibles en kits. Sur la fin, certains échangeront le zamac moulé de leurs carrosseries pour le plastique injecté (comme par exemple le wagon à bestiaux)

Autre comparaison entre le N° 59 à citerne en bois et la version à citerne plastique en avant plan.

L’extraordinaire série des wagons grue

Un train de travaux composé des grues Sotteville et Batignole encadrant un de surbaissé transportant des poutres traverse les Vosges tracté par une BB 66000 TAB.

Réunis sur ce cliché, la crème des reproductions de wagons grue de VB associée à deux wagons de construction « maison » VB by FR ; le plat du premier plan et la grue Nordest rouge.

Le dépôt de mon réseau est bien pourvu en grues VB ; tandis qu’une 030 TU manœuvre, une grue « 54 t type Batignole », une grue « col de cygne » sert dans le parc à charbon tandis qu’une « 60 T Sotteville » est parquée à coté des deux 060 DB de ma collection. A noter le train désherbeur en attente devant le bureau de la feuille à l’arrière plan.

Au premier plan, le wagon grue à bogies N° 45 en version originale VB à droite et sa reproduction VB by FR à gauche. Au fond, le wagon grue Nordest en version VB by FR. La grue Nordest est la version rouge de la grue N° 56 du fameux train poseur de caténaires « Electro-Enterprise » décoré en jaune.

La grue « col de cygne » de ma collection est grise. Elle a aussi existé en vert et en noir. Certains modèles possédaient une flèche brisée.

La grue type « Paris Est » illustrée dans le catalogue VB de 1954 .

La même grue extraite de ma collection. Certaines inscriptions sont réalisées à la main comme sur les premiers modèles VB.


Illustration de la grue « 54 tonnes Batignole » dans le catalogue VB 1958.

L’une des grues les plus rares, la « 54 tonnes Batignole » qui reproduit le type Browning de la SNCF. Elle fut produite par VB sur une courte période (57/58). Ce wagon n’était pas donné pour l’époque car vendu l’équivalent de 97 Euros avec son wagon d’accompagnement.

La grue 60 t « Sotteville » illustrée dans le catalogue VB 1960, le premier totalement en couleurs (et le dernier avant la reprise par Triang).

La 60t « Sotteville » de ma collection. Son châssis possède des pans coupés obliques, il a aussi existé avec les extrémités droites. C’est une reproduction de la grue Caillard de la SNCF. Elle a été produite sur la fin de la marque VB jusqu’en 1961. C’est un modèle relativement courant.

La grue Stotteville prête à intervenir au dépôt de Saverne en cas de déraillement sur la ligne de la traversée des Vosges.

Ce modèle est un croisement de ma création entre une grue Pocher et un plat en métal VB, garnie avec caisse, câbles, cales, traverses et échelles à la façon de la marque.

Autre vue du train de travaux tracté cette fois par une impressionnante CC 060 DA en bronze d’origine Pulmann Allard.

Les transports spéciaux industriels

Trois rames de surbaissés transports spéciaux traversent la vallée Vosgienne. Loco Revue dans son numéro sur l’historique de VB consacré à ces wagons, conseillait aux heureux propriétaires qui pouvaient en composer une rame complète de la tracter par une 150 X Märklin, ce que je m’empresse de faire pour ce cliché.

Les trois rames de transports spéciaux se croisent ou se dépassent en plein cœur des Vosges.

Une longue rame de surbaissés traverse le PN 62 devant une veille limousine Peugeot, une 2CV et une Simca Aronde qui patientent devant les barrières…. .

Puis elle passe devant la scierie Vosgienne.

Que les spéculateurs soient rassurés, tous ces modèles de transports spéciaux sont de ma fabrication. Ils ont tous été réalisés à la suite de la lecture du Loco Revue N° 548 de mai 1992 présentant les modèles originaux de VB. Cet article m’avait tellement donné envie, que je n’ai eu de cesse avant de les avoir tous reproduits.

Le catalogue VB 1960 présente le porte-transformateur et le transport de glace qui était disponible en deux décorations St Gobain ou transports spéciaux industriels

Le porte échangeur ETF de ma fabrication est présenté ici devant un modèle original VB à l’arrière plan. Ce dernier à été acquis plusieurs années après la construction de la reproduction pour laquelle je n’avais comme base que les photos dans Loco Revue. Avouez que c’est tout de même assez ressemblant.

Autre page du catalogue VB 1960 présentant les surbaissés allongés chargés de poutrelles ou de tuyaux ainsi que le très beau porte-auto tout en profilés de laiton soudés

Les chargements des transports spéciaux sont variés : tuyaux, bobines de câbles, treillis métalliques, transformateurs, etc.

Une page du catalogue RMA 1960 présentant la série des wagons de transports spéciaux.


L’ensemble de mes « transports spéciaux » sont rassemblés sur ce cliché. Seul deux sont des VB originaux que j’ai pu me payer, le transport d’échangeur ETF N° 541 et le transport de tonneaux Cazannave N° 544. Tous les autres sont de construction personnelle, avec quelques libertés créatives pour les portes locomotives HOe ou pour celui qui porte un avion de chasse Dassault Mystère IV, modèles n’ayant jamais existé chez VB. Le prix en 1960 d’un wagon VB surbaissé ETF était de 30 NF soit 45 Euros actuels. A ce prix, j’achèterai toute la collection !

Mes deux transports spéciaux originaux VB intégrés dans une rame marchandise à l’arrière plan.

Les wagons du cirque Pinder


Une rame du cirque Pinder passe sur le viaduc, tractée par une BB 9001 VB.

Les wagons VB du cirque Pinder n’étaient pas vendus en rame complète comme le train Electro-entreprise. Néanmoins il en existe de nombreuses variantes de décorations homogènes qui peuvent très bien constituer une rame entière pour ceux qui ont la chance d’en posséder un nombre suffisant. Ces wagons sont apparus chez VB vers 57/58. Les miens sont malheureusement tous des reproductions. Ici le camion tractant la cage aux zèbres.

L’ensemble de 16 éléments de mes reproductions Pinder dans leurs cartons de présentation, pour rêver un peu de tels coffrets que VB aurait pu commercialiser si la marque avait perduré. La aussi, je me suis permis quelques libertés en imaginant des surbaissés « transport spéciaux » pour porter éléphants, girafes, autres chameaux et ours. On peut facilement ajouter à la rame la grue Nordest visible au premier plan pour manipuler les conteneurs lorsque le cirque s’installe dans une ville. .

Le mécanicien de la 131 TB HOrnby-acHO semble bien décontracté à l’abord du PN 62 en tractant la rame Pinder.

Le camion porte conteneur et la cage à kangourou passent la barrière dont le chauffeur de cette Dyna Panhard qui doit être ravi de ce spectacle gratuit.

Publicité parue dans Loco Revue N° 178 d’octobre 1958 qui présente notamment trois modèles de wagons du cirque Pinder.

Le début de la rame s’engage sur le PN 62 avec le camion à remorque UFR …..

…. Suivi de la cage à kangourou et du surbaissé porte éléphant…..

… de la cage à zèbres, de roulottes et de conteneurs……

…. et la rame se termine par le surbaissé porte girafe, une dernière roulotte et le fourgon de queue. Il faut espérer pour la girafe que la caténaire 25000 volt a été coupée pour éviter tout risque d’électrocution. C’est sans doute pour cette raison que la rame est tractée par une locomotive à vapeur.

Toute l’équipe du cirque est sur la passerelle du dernier wagon pour saluer les personnes le long de la voie comme le clown……


….. et tous les autres artistes.

Vue de la montagne, un promeneur peut observer le spectacle de la rame Pinder traversant la vallée ainsi que l’intense trafic ferroviaire qui l’anime.

Autre vue de la rame passant au dessus de l’entrée du faisceau de la gare de Rothau, tractée cette fois par une BB 9001 VB.

Les locomotives et automotrices

Les trois motrices produites par VB sont rassemblées sur cette photo, les électriques 1500 volt BB 9001 et BB 9200 et la locomotive diesel 060 DB.

Les mêmes en ligne. Que les puristes me pardonnent, mon réseau n’est pas électrifié avec une caténaire 25000volts et non 1500 volts comme il devrait l’être pour ce type de machines.

Publicité parue dans le N° 145 de Loco Revue d’octobre 1955 et qui présente la première locomotive produite par VB cette même année, la BB9001 avec toutes ces caractéristiques. Le prix équivaut à 169 Euros actuels.

Extrait du catalogue VB 1956 qui présente en détail la motrice BB 9001 réelle et son modèle au 1/86 ième.

Je possède deux BB 9001 VB dont une super-détaillée à l’avant plan. Elle est équipée de pantographes Sommerfeld, de glaces incrustées, d’une ligne de toiture affinée, d’ampoules d’éclairage dans les phares et d’un inverseur redresseur pour le courant alternatif, elle fonctionne ainsi très bien.

La BB 9001 VB vedette d’une publicité pour la caténaire Baby Train dans Loco Revue N°174 de mai 1958. Plus tard, dans cette même revue, les publicités seront hélas accompagnées du commentaire « la BB 9001 VB a disparu, mais la caténaire Baby Train est toujours fabriquée ».

La couverture du catalogue VB 1969 met en vedette la BB 9200 et les voitures inox avec un dessin très dynamique.

La BB 9211 VB est sortie en 1957. Comme la BB 9001, elle possède une carrosserie en zamac, elle peut être livrée avec un ou deux boggies moteur en 2 ou 3 rails courant continu. Les pantographes sont fonctionnels avec un inverseur rail/caténaire. A noter une particularité des modèles VB électriques, la ligne de toiture assure réellement l’alimentation en courant via des isolateurs fonctionnels, mais un peu grossiers. La locomotive possède un éclairage, mais pas de conduits de lumière, ce qui le rend peu efficace. Elle est photographiée ici sur sa boite d’origine et à coté de la notice qui fait office de bon de garantie. Pourrait-on, plus de 50 ans après son achat, l’envoyer en réparation chez son constructeur ? Hélas non, alors que chez d’autres fabricants comme Märklin, c’est toujours possible !

Publicité en page arrière du Loco Revue N°173 d’avril 1958 présentant la BB 9211 et les voitures inox .


Les établissements Lejeune ont repris la fabrication de certains modèles VB durant les années soixante. La BB 9211 en a fait partie et a même eu droit à une décoration en version rouge Capitole comme l’indique cette publicité dans Loco Revue N° 303 de février 1970.

La BB 92011 VB sort du tunnel tractant la version sans plaque Mistral des voitures inox.

Le catalogue VB 1960 présente la motrice diesel CC 060 DB sortie la même année. Pour cette ultime locomotive produite par VB, la carrosserie est maintenant réalisée en matière plastique, alors que le châssis reste en métal, témoignage de la volonté de la marque d’adopter des techniques d’avant-garde pour l’époque et de rester dans la course industrielle, face à la concurrence Française ou Allemande (la plus rude).

Le modèle VB de la 060 DB était très réaliste et fonctionnait parfaitement. Il a tout de suite eu à faire face à la concurrence de la reproduction de la même machine par HOrnby-acHO à partir de 1961, dont on voit ici les deux versions en arrière plan. C’était pour l’époque un regrettable doublon, mais chaque marque voulait reproduire le modèle le plus moderne et le plus en vogue de la SNCF.

La CC 060 DB illustrée ici dans le catalogue Triang-VB de 1961 à la page des trains complets en compagnie d’une vapeur 131 TB qui n’est pas une HOrnby-acHO comme l’illustration pourrait le faire croire. C’est un modèle d’origine anglaise Triang, qui à bien existé, mais qui était beaucoup moins bien proportionné en réalité que sur ce dessin.

La CC 060 DB manœuvre sur le pont tournant de mon dépôt devant le train desherbeur stationné sur une voie de débord.

L’ensemble du matériel roulant est ici illustré dans le catalogue Triang-VB de 1961, avec notamment le matériel d’origine VB ; BB 9001, BB 9200, CC 060DB et l’automotrice Z5100 « Budd » sortie en 1958 avec sa remorque d’accompagnement. La vapeur 131 TB est l’intruse d’origine anglaise Triang.

Publicité en page arrière du Loco Revue N°193 de février 1960 présentant la nouvelle CC 060 DB sortie par VB. Le prix est l’équivalent de 112 de nos Euros actuels

L’automotrice Z 5100 « Budd » sortie par VB en 1958 avec sa remorque d’accompagnement. Les carrosseries étaient réalisées en plastique injecté. Le nom « Budd » provient en réalité du procédé de soudage de l’acier inox, breveté par ce constructeur américain et importé en France lors de la construction de ces automotrices pour le compte de la SNCF.

Les établissements Lejeune ont également repris la fabrication de l’automotrice avec en plus, la commercialisation d’une remorque intermédiaire, comme le montre cette publicité parue dans la revue RMF N° 34 de janvier 1965.

Les voitures voyageurs

Toutes les productions VB de voitures voyageurs sont présentées sur ce cliché, les voitures lit type sorties en 1960, les DEV inox produites à partir de 1957 (avec ou sans plaques Mistral) et le fourgon générateur de 1959. Toutes ont une carrosserie en plastique montée sur un châssis en tôle. Les productions des voitures sont toutes de type industriel.

La CC 060 DB au départ en tête d’un train composé d’inox DEV sous la marquise de la gare de Rothau. Ces voitures sont équipées de boggies en zamac. Personnellement je préfère les productions SMCF de ce même wagon.

Le quai est très actif lors du départ de ce train de nuit. Les voyageurs embarquent dans les voitures lit type P, comme cet ecclésiastique qui part peut être pour un concile à Rome, au Vatican ?

L’ensemble des voitures est présenté dans les pages du catalogue Triang-VB de 1961. Les deux versions des inox DEV, avec ou sans plaques Mistral, sont illustrées.

Une batterie de 060 DB assure le service à Rothau, en l’absence d’électrification, dont le train de nuit composé de voitures lits type P. Contrairement au DEV, les type P sont très réussis et font très bonne figure sur mon réseau.

Comparaison des fourgons générateurs VB et LS Modèle en version modernisée rouge. Cinquante trois années séparent ces deux productions. Bien que la dernière soit incomparablement plus détaillée, mon cœur va vers la version de VB qui fait moins « plastique » bien qu’il soit constitué de cette matière. A noter que, habituellement la porte du fourgon générateur VB est peinte couleur aluminium, ce qui n’est pas le cas sur mon exemplaire (un oubli ?).

Publicité en page arrière du Loco Revue N°204 de février 1961 présentant les nouvelles voitures lits type P, toute dernière production de VB avant son rachat par Triang. A noter que les types P VB étaient équipés de boggies à flancs en plastique moulé. La voiture lit est vendue l’équivalent de 25 de nos euros 2011.

L’assortiment de voie VB

L’assortiment de voies illustré dans le catalogue 1958.

Le même assortiment issu de ma collection. La voie VB a fait la réputation de la marque. Apparue au début des années cinquante, elle est du type trois rails isolés. Les traverses sont en matière plastique incrustées dans un ballaste en tôle décoré. Il semble qu’une première version ait existé avec ballast véritable collé sur la tôle, personnellement, je n’en ai jamais vu. Elle existe en deux rayons de courbure 107 et 117 cm, ce qui est très réaliste pour l’époque, mais ne permet pas la construction d’un réseau sur une table. L’écartement entre les voies est de 5cm, ce qui est aussi remarquable. Les aiguillages sont à faible angle de déviation et des éléments complémentaires tronqués permettent toutes les combinaisons.

Les rails spéciaux illustrés dans le catalogue VB de 1958 avec force explications techniques sur leurs utilisations.

Les multiples versions de rails spéciaux ; à sectionnements, coupures, raccordements électriques, pédales de contact ou élément dételeur électromagnétique à commande à distance.

L’illustration en couverture du catalogue 1954 montre les possibilités d’encastrement entre les aiguillages et les croisements permettant un plan de voie très réaliste pour l’époque. A noter le premier type de moteur d’aiguillage.

Le catalogue 1956 présente les schémas de voies avec les combinaisons possibles.

Eléments de voie sur leurs emballages d’origine. A noter le très beau heurtoir type béton. Un défaut de la voie VB était le manque de constance des couleurs du ballast comme on peut le constater sur cette photo avec les éléments au premier plan. Pour la séquence souvenir, remarquez que cette boite d’aiguillage a été achetée à « La cigogne d’Alsace » chez J. Dettling, 22 avenue de la République, prés de la place Rapp à Colmar. Le prix était de 2775 francs (environs 66 euros actuels). Qu’est il advenu de cette boutique de jeux jouets et souvenirs ?

Le réseau de démonstration du détaillant Parisien « au Pelican » illustré dans son catalogue 1949. On y aperçoit que la voie VB est utilisée pour le grand réseau extérieur (grands rayon oblige) alors que la voie Märklin standard, beaucoup plus jouet, est utilisée pour le circuit intérieur.


Le catalogue VB 1958 abonde en plans de réseaux divers. Ici est expliqué le moyen simple d’isoler en canton au moyen de carton positionné entre les contacts des conducteurs centraux de la voie.

Autre réseau de démonstration du magasin « Au Mousquetaire » à Paris illustré dans une publicité de la revue Modèles Ferroviaires de 1952. Celui-ci est très réaliste grâce à la voie VB et ces grands rayons de courbure, au décor et aux bâtiments Cropsy bien de chez nous.

Le réseau du RMA, vedette des années 50, fait aussi appel à la voie VB et au matériel roulant de ce constructeur.

Avec la voie, VB commercialise des poteaux de caténaires et une ligne aérienne 1500V (sur ce cliché, la caténaire est une Sommerfeld). D’autres fabricants d’accessoires comme Le Disque Rouge commercialisent des signaux adaptés à la voie et au système de VB avec des socles de couleur assortis au ballast. Ainsi tout un système cohérent et de construction française est à la disposition des amateurs des années 50. Heureuse époque non !

Le brevet de la voie VB vendu à Märklin qui y adapte le plot

En 1949, Märklin achète à VB le brevet de son système de voie. La marque veut percer sur le marché américain qui n’accepte pas un conducteur central aussi visible. Aussi Märklin décide d’adapter le plot, utilisé par certains amateurs, au systéme de voie VB. La doyenne du train miniature commercialise en 1953 sa fameuse voie modèle. Le plot est quasiment invisible car incrusté dans les traverses en plastique. Il nécessite l’utilisation de skis pour capter le courant et donc d’adapter les locomotives, mais il permet de conserver les avantages du système à trois rails. Cette voie est très belle, mais aussi très complexe à fabriquer et donc très chère. Ce sera un échec commercial et elle ne survivra pas au catalogue Märklin de 1956 ou elle sera remplacée par la très démocratique voie M entièrement en tôle.


Comparaison entre les éléments de voie VB et Märklin modèle. La filiation est évidente, le plot en plus pour la marque Allemande. Autre plus, les lanternes des aiguillages sont lumineuses chez Märklin.

Le dessous des éléments permet de se rendre compte de la complexité de fabrication avec les inserts en plastique représentant les traverses. Cette complexité explique le prix de vente élevé. Märklin envisagea la fabrication d’une traversée jonction double, un prototype fut construit, mais il n’a jamais été commercialisé.

La voie courbe VB était écrasée sur un côté pour reproduire le devers. Cet effet assez spectaculaire n’a pas était repris par Märklin. La marque Allemande a par contre renforcé les éclisses de liaison du conducteur central sur les deuxièmes séries de fabrication. Notez les détails remarquables de la vigie serre frein du wagon à bestiaux N°25 de VB à droite.


Extrait du catalogue 53 vantant les mérites de la très belle voie à plots. Mais celle-ci doit beaucoup au constructeur Français VB.

La mystérieuse voie à plots de VB devait être révolutionnaire !

En 1959 VB commercialise à son tour une voie à plots, mais de construction plus économique. Elle devait être révolutionnaire, sans éclisse, avec des pinces amovibles de raccordement. L’astuce consistait en une jonction verticale qui devait permettre le remplacement facile des éléments. La voie à plots VB devait être plus économique que la voie classique ; l’équivalent de 3,6 Euros un élément droit contre 4,95 le même élément classique (mais d’une longueur supérieure).

Visualisation du mode d’emboitement. Comme on l’aperçoit à l’arrière plan, la précision de fabrication n’était pas au rendez vous et des lacunes importantes apparaissent entre les éléments de voie, sans doute source de déraillement. A ma connaissance, cette voie n’a pas eu de suite et les aiguillages de cette technologie n’ont jamais été commercialisés.

Les pages du N° 187 de Loco Revue de juillet aout 1959 vantent les mérites de la nouvelle voie à plots VB et expliquent son mode de montage.

Bien des années plus tard, Märklin reprendra le principe d’une voie sans éclisse, mais avec la précision du moulage plastique, ce sera la voie C des années 90 qui connaît un franc succès aujourd’hui.

La voie classique VB a aussi été produite en version deux rails sans conducteur central. On voit sur cette photo que la voie à plots avait un rayon plus serré de 50 cm . Sa géométrie était totalement différente de la voie VB classique. Elle en conservait toutefois les traverses plastiques. Les plots étaient reliés électriquement au ballast en tôle et donc aux pinces de raccordement amovibles.

Les différents attelages VB

A gauche, le premier type d’attelage au début des années 50 se caractérise par une boucle en acier flexible et un crochet en tôle découpée. Une première version comportait une choquelle en laiton. Sur la droite l’attelage adopté sur une courte période entre 1956 et 1958 environ se composait d’une boucle fixe et d’un petit crochet mobile commandé par une queue oblique sous l’attelage.

Le dernier modèle d’attelage apparu en 1957 jusqu’à la fin des productions VB. Il se rapproche de l’attelage à boucle unifié de type Märklin et il devient donc compatible avec de nombreuses marques.

La fin de l’histoire où le rêve du TT

En 1960 VB est racheté par Triang qui construit une usine à Calais et projette de lancer une gamme complète de trains français à l’échelle TT du 1/120 ième sur voie de 12 mm d’écartement. L’échelle TT était à l’époque le must de la miniaturisation les échelles N et Z appartenant encore à l’avenir Un très beau catalogue est édité en 1961 dont la couverture est reproduite ci-dessus.

La gamme Triang TT est à la fois inspirée de VB et de HOrnby-acHO pour ce qui est des wagons de marchandises. Ci-dessus, les coffrets de trains complets.

La gamme déjà très étendue des engins moteurs ; CC 7100, rame automotrice Z 5100, vapeur O30 TX et une surprenante reproduction d’une Pacific construite avant guerre par le réseau Alsace Lorraine et qui n’a existé qu’a deux exemplaires Ce type n’a pas survécu à la deuxième guerre mondiale.

La série des voitures voyageurs est également très complète. Il n’est pas certain que tous ces modèles ont été véritablement commercialisés. En 1962 la collaboration désastreuse entre les deux firmes que tout oppose, s’achève. La firme sera liquidée et D. Lejeune racheta les stocks et les outillages. Ainsi s’achève une très belle histoire.