Maquettes Ferroviaires
et Collections


La Saga Jouef


Construisons un réseau en voie ballast Jouef 1959



Un petit coin de France plein de charme, reconstituant un modeste réseau de 2m x 1,2 m en voie ballast.

Un réseau autour du fameux diorama « ile de France »

Notre célèbre marque Française conçoit et met sur le marché un ensemble de « trains à jouets » très complet à prix démocratique. Mais en plus, il nous offre en 1957, c’est le diorama « ile de France ». Il contribue grandement au charme d’un réseau en évoquant à merveille la campagne française de cette époque. Ce diorama est attribué à l’affichiste Henry de Renaucourt. Il est devenu rare de nos jours, pourtant, il valorise grandement un réseau.

Dépliant couleur présentant les possibilités de réseaux en supplément au catalogue 1957.

Le diorama donne de la profondeur. Tout le travail consistera à prolonger ses tons sur le réseau.

Il possède son PN, dictant le tracé de la route menant au lac. La 231C Jouef et les voitures Pullman pourront être utilisées sur ce réseau. Elles passent (juste) le rayon de courbure de la voie ballast.

Utilisons la « voie ballast » des débuts du Jouef électrique

Après les épisodes mécaniques du Transaharien et de la Diabolic, en 1954 jouef adopte la « fée électricité ». Les débuts se font autour d’un premier modèle de de voie dite « ballast » ou « bakélite » à cause de la couleur brune. Elle est produite de 1954 à 1960. Pour rouler électrique, a la grande époque du tout trois rails, Jouef fait le choix économique d’un rail à deux conducteurs isolés. Le profilé de cette voie assez rustique est en tôle de laiton roulée en forme de U creux. Il est fixé par des ergots sur un ballast en plastique moulé reproduisant les traverses. Deux éclisses aux extrémités assurent la continuité électrique en venant s’emboiter à l’intérieur du profilé. La gamme de géométrie simple est composée ; d’un seul rayon de courbure diamètre 650 mm. Il y a des aiguillages et de l’indispensable croisement à 90° pour faire les circuits en « 8 ». Le ballast latéral est interrompu sur un côté pour le ½ droit et sur deux côtés pour le ½ courbe pour pouvoir se connecter avec les aiguillages. Ces derniers sont à commande manuelle uniquement, avec des lames pivotantes qui passent d’une polarité à l’autre suivant les directions choisies. Elles sont commandées par un gros bouton carré rouge très caractéristique. Des butoirs rouges sont livrés avec chaque boite. Ils s’emboitent directement à l’extrémité de n’importe quel élément de voie. Les courbes et contre-courbes permettent un écartement rapproché et réaliste des voies de 5cm. La simplicité de la géométrie est sans doute une des clés du succès pour l’attrait du jeu. Mais malgré le peu de types d’éléments de voie, des compositions de réseaux intéressants sont possibles.

La voie ballast dans le catalogue 1959

Le passage à l’électrique s’opère chez Jouef grâce à la voie avec son célèbre ballast brun.

La gamme de rails avec les 2 types d’emballages, d’abord orange, puis rouge à partir de 1959.

Il existe deux types d’aiguillages fabriqués par Jouef pour cette voie ; avec coupures électriques à droite et sans sectionnement à gauche.

La voie ballast, la première voie d’une génération, avant l’apparition du New Rail à gauche

Autour de la voie, les éléments de décor proposés par Jouef

On peut utiliser la gamme très complète d’accessoires que Jouef propose dès 1958 pour ses trains.

Côté accessoires, Jouef nous a gâtés, dès ses débuts. Il est rare qu’un constructeur de trains miniature s’intéresse à la reproduction du monde qui entoure ses modèles. Pour ce réseau, utilisons les grands classiques de la marque. Les éléments centraux sont la gare voyageurs de Maintenon et sa halle à marchandises attenante.

La gare de Maintenon est placée en avant du réseau pour jouer la vedette.

Pour la signalisation, nous disposons des boites de panneaux indicateurs et de signaux mécaniques fixes. Pour les transmissions, trois modèles différents de poteaux télégraphiques. Les barrières permettent de sécuriser les alentours des gares et passages à niveau. Un autre accessoire emblématique, le fameux tunnel « manteau de chien ». Malgré sa mauvaise réputation, nous allons mettre un point d’honneur à l’intégrer à ce réseau

Le tunnel « manteau de chien prêt à avaler la Pacific 231C.

Le tracé et la disposition sont déterminés par des essais

Pour ce type de réseau jouet, je préfère procéder par un placement des voies en réel sur le plateau en modifiant le tracé par itération en disposant progressivement les éléments de décor. Le diorama « ile de France » impose une partie du tracé sur l’arrière. L’unique rayon de courbure de diamètre 680 mm limite les possibilités. A noter qu’il existe deux longueurs de grands éléments droits ; 249 mm (rail avec possibilité de glisser la fiche d’alimentation) et 255 mm. Curiosité aussi, les éléments droits ½ mesure en réalité 114 mm, donc sont plus courts qu’une moitié. Ces particularités permettent des combinaisons en longueur. Ne pas hésiter à couper certains éléments ou à amputer un côté du ballast latéralement pour le raccordement aux aiguillages là où les ½ rails ne s’imposent pas. Cette voie n’est pas rare, on peut se permettre de la travailler à la demande.

Le tracé est directement composé autour du diorama « Ile de France.

Il faut disposer d’une réserve de rails pour affiner le tracé choisi.

Pour le village, des maisonnettes RS model ou Faller

A la fin des années 50, Jouef se concentre sur les bâtiments ferroviaires et ne fournit pas encore de maison d’habitation. Il faudra attendre 1965, et encore, il s’agit de modèles d’importation d’origine Pola. Aussi en 1959, il faut chercher en dehors du catalogue de notre fournisseur national. J’ai opté pour de petites maisonnettes de taille modeste des marques RS Modell, Faller ou Vaupe. Des toits assortis de couleur rouge orangé sont bienvenus, pour s’assortir au diorama et former une certaine continuité. Votre petit village peut ainsi être composé autour de son église, une RS Modell d’architecture pas trop germanique.

Le village est composé de petits modèles, si possible au toit orangé.

La place du village est constituée, donnant accès à la gare de marchandises.

Le choix de bâtiments de petite taille à toit rouge permet une continuité avec le fond de décor.

Une fois la position des bâtiments et des voies déterminée, les routes et la rivière sont tracées.

Un relief négatif limité pour faire simple

Avec le diorama qui tient la vedette, je n’ai pas réalisé de profond relief. L’objectif est plus de faire figurer les ruisseaux et autre talus autour des routes. J’utilisé des plaques de styrodur rainurées d’épaisseur 3 cm et de dimension 120 cm x 60 cm. Elles sont taillées au cutter puis poncées. Les plaques sont collées sur le support en contreplaqué à la colle blanche.

L’emplacement des voies est délimité grâce à mon wagon traçeur.

Le ruisseau est taillé en relief dans le styrodur

La peinture et le flocage s’effectuent avant de poser la voie.

Sur la base du traçé effectué, les routes sont peintes avec la peinture spécifique de Faller. Les soubassements de voie sont eux traités en brun, assortis à la voie Ballast. Après l’avoir étalée, la peinture est lissée au rouleau.

Ensuite débute le travail de peinture, en utilisant toujours le rouleau pour égaliser.


Les ingrédients du flocage ; colle blanche, enduit coloré beige, sciure de bois fine + différentes mousses pour figurer les mauvaises herbes. Les outils sont les pinceaux, les passoires et le pulvérisateur à eau.

Des caches au profil des voies sont taillés en Depron.


Après avoir étendu la colle, l’enduit est saupoudré.

Il est ensuite aspergé d’une fine pluie d’eau.


Avant d’être recouvert d’une couche fine et légère de flocage de sciure de bois colorée.


Le flocage est terminé, le plateau est terminé, les caches peuvent être retirés.


Une dernière aspersion d’eau permet de consolider la prise de l’enduit autour de la sciure colorée. On peut ajouter quelques pointes d’enduit par-dessus.

Les finitions des jointures sont effectuées avant séchage à l’aide d’un chiffon humide.

Après séchage, l’excès de flocage est aspiré.

Le ruisseau permet de justifier la présence des ponts métalliques Jouef. Il prend sa source à l’extrémité du diorama Noch représentant un petit étang. Il est rempli d’enduit à reboucher en tube pour lui donner la forme de l’eau qui s’écoule. Il est ensuite peint avec un mélange de peinture acrylique bleu, verte et blanche. L’écume est tracée en blanc et gris pour représenter les mouvements de l’eau, notamment sur les bords. Plusieurs couches de ce vernis sont ensuite appliquées pour donner de la transparence.


Le ruisseau est peint, puis verni en plusieurs couches pour donner de la profondeur.

Le plateau est maintenant terminé, prêt à recevoir voie et décor. C’est ainsi que je le transporte sur les lieux des expositions. C’est aussi ainsi qu’il est stocké verticalement au grenier entre deux utilisations.

Le voici après décoration avec notre cours d’eau qui est là pour justifier la présence des ponts métalliques.

Le montage final débute par le diorama

Le diorama étant une pièce rare, il convient de le préserver en tant que collectionneur respectueux du patrimoine. Donc pas de collage peinture ou autre découpe. Je l’ai simplement déplié et posé contre le fond de décor. Ce dernier est composé d’une plaque de contreplaqué de 10mm peint d’un dégradé entre du blanc (Bas) et du bleu ciel (haut).

Le précieux diorama est préparé, il va s’appuyer sur un fond de décor simplement peint en bleu ciel.

Le diorama possède des éléments latéraux en angle. Le fond de décor suit sa forme sur un côté à l’aide d’une charnière. De l’autre, le diorama est prolongé par un fond de décor plat composé d’une photocopie de l’élément central collé sur du carton. Cette section supplémentaire est décorée à la peinture d’une forêt de conifère. Devant ce fond de décor, un triangle en contreplaqué peint et recouvert de carton comble le vide et permet de poser quelques chalets de montagne. C’est sous ce triangle que vient discrètement se loger notre tunnel « manteau de chien » il sert d’entrée de tunnel made in Jouef. Ainsi, notre icone a trouvé sa place sur le réseau.

Les tronçons de diorama sont déployés l’un après l’autre.

Un triangle en carton et bois complète latéralement le diorama.

La pose de la voie, un jeu d’enfant.

La pose des voies débute.

L’ensemble du réseau est ainsi reconstitué.

J’ai utilisé des éléments de sectionnement Jouef (sur les deux rails) pour permettre de séparer les deux circuits et les rendre électriquement indépendants. Je peux ainsi alimenter un réseau en 06V, l’autre en 12V pour bénéficier des deux générations de moteurs saucisson.

Les deux circuits sont électriquement indépendants en 6V avec un transformateur Märklin Mini Club et 12V avec un transformateur Fleischmann.

Les voies posées, les ponts et les bâtiments sont placés tout en restant amovibles.

On peut maintenant procéder aux essais des différentes rames. Le placement des tunnels requiert des réglages, surtout pour laisser passer la 231C et les voitures Pullman.

Des dioramas pour compléter le décor

Pour agrémenter ce réseau, j’ai utilisé quatre dioramas anciens. Le plus imposant est la carrière Preiser N° 1018 du catalogue 1960. Celui-ci dispose de tous les accessoires et des personnages en bois taillés. Elle est complétée par une façade rocheuse en écorce de liège peinte de couleur assortie. Autre élément de Preiser, le décor N° 1009 « campement près d’un rocher ». Ajouter à cela un poulailler et un petit étang, de fabrication Noch pour ce dernier.

Les dioramas de provenance Preiser et Noch qui sont utilisés sur ce réseau.

La carrière est agrandie par un bloc de rocher en liège peint dans les même tons.

Voilà le résultat, la carrière Preiser est intégrée dans son décor.

Trouvez la végétation d’époque

La décoration finale reste le moment de jubilation du modéliste enfant que nous restons. Un vaste mouvement écologique envahit notre réseau Vintage avec la mise en place de la végétation. Ici sont utilisés une majorité d’arbres en sciure agglomérée, principalement de marque Faller ou RS Modell. En complément sont utilisés les peupliers de chez Hornby, destinés normalement à l’échelle 0, ils conviennent très bien aussi au H0.

Les arbres utilisés datent des années 50. Ils sont de marque Faller ou RS Modell.

La route, la coqueluche du Jouef des débuts

Notre réseau offre une large place à la route qui le traverse de part en part. Notre grande marque nationale crée à partir de 1958 toute une gamme routière. On y retrouve le point de rencontre entre les deux modes de transport que sont les PN. Ce réseau en possède 2 du modèle manuel, célèbre grâce à sa borne kilométrique commandant l’ouverture des barrières. Sa couleur rouge et blanche atteste que nous avons affaire à une route nationale. Outre les PN, sont utilisés la station-service, les voitures et les cars Chausson.

Il était indispensable d’intégrer la petite station-service Jouef, en version blanche.

La voici dans son décor, desservie par des pompistes MMD.

Personnages Jouef complété de MDM

Pour donner de la vie Jouef créa en 1958 une boite de 16 personnages différents, des voyageurs pour garnir les quais. On va les utiliser. En complément, des personnages MDM série plastique représentant du personnel SNCF, des agents de circulation, des pompistes complètent la série Jouef. Tous ces habitants vont donner de la vie à notre réseau dans leurs costumes d’époque.

Les personnages utilisés ; Jouef à gauche, essentiellement des voyageurs, et MMD à droite, surtout du personnel SNCF ou des manutentionnaires.


Les employés MDM au travail dans la gare de marchandises.

En complément, pour agrémenter les routes, on fait appel à Lego

Il manque chez Jouef des panneaux indicateurs routiers, des cyclistes et des motocyclistes. Qu’à cela ne tienne. J’ai utilisé des modèles Lego du début. Il faut se rappeler, qu’avant Star-Wars, Le thème de la célèbre petite brique était des décors urbains au 1/87. Fin des années 50, elle affiche même son jeu comme un complément des trains électriques, et nous mettons en œuvre cette particularité.

Les panneaux et des motos étaient disponibles chez Lego à l’échelle 1/87ieme à la fin des années 50. Nous allons les utiliser pour agrémenter les routes de notre réseau

Au bord des voies, les panneaux de l’assortiment Jouef

Pour garnir les abords immédiats des voies, Jouef nous propose en 1959 tout ce qui fait l’environnement de l’époque. On trouve des signaux mécaniques (qui sont fixes chez Jouef), des panneaux indicateurs, des barrières et des poteaux télégraphiques (omniprésents à cette époque le long des voies). Il faut placer ces accessoires en fonction du tracé de la voie, si possible de manière réaliste vis-à-vis de leur signification (ex ; les annonces de bifurcations à placer en amont des aiguilles)

Le catalogue 1958 présente les différents signaux, panneaux et mats téléphoniques.

Les différents conditionnements des signaux et mats téléphoniques au cours du temps.

Autour des ponts, les abords des voies sont abondamment garnis.


Pour la régulation, le signal Disque Rouge

Il y a deux circuits indépendants, mais si vous voulez placer un ou deux trains supplémentaires, vous pouvez utiliser des signaux Disque Rouge. Ils sont spécialement étudiés pour la voie ballast Jouef. Ils disposent d’une languette à contact qui vient se placer dans les glissières des grands éléments droits ou courbes. Il est nécessaire de créer une coupure au niveau du signal et une autre en amont. Ainsi une section d’arrêt est créée. La commande est manuelle, grâce à l’armoire de relais qui sert de commutateur. Les feux s’allument, sans aucun câblage supplémentaire, alimenté par la voie. Les ampoules sont en 6V, attention aux surtensions si vous êtes sur un réseau 12V.

Disque Rouge a sorti un signal spécifiquement adapté à la voie Jouef ballast.

Les feux sont éclairés, la commande s’opère grâce à l’armoire de relais blanche qui sert à la commutation.

Un réseau qui fleure bon nos jeunes années

Présenté à Trainsmania 2017 et 2019, rarement un réseau suscite autant de réactions émotionnelles évoquant à la fois des souvenirs aux anciens, tout en suscitant les réactions d’émerveillement chez les tous-petits . Je retiendrais certains verbatims comme « regarde, c’était le réseau de Pépé » ou « Maman, le train on dirait un serpent ». Et bien d’autres encore. Tout le monde s’accorde pour dire que les locomotives Jouef de toute première génération fonctionnent à merveille. Leur importante inertie permet de s’affranchir de tout problème de captation de courant. Elles parcourent une vingtaine de centimètres après coupure d’alimentation. Cette performance est due à une transmission entièrement réversible, constituée d’engrenages droits en laiton. Ce moteur est dans son élément sur notre réseau à bord des BB 9200, vapeur 020T et 231C. Cette dernière passe tout juste sur le petit rayon de la voie Ballast, mais ça passe !

Le réseau terminé rappelle des souvenirs et des émotions aux visiteurs de Trainsmania 2019.

Nous sommes bien en Ile de France, Paris n’est pas loin comme l’indique le poste d’aiguillage.

Vue d’ensemble de notre petit réseau, présenté cette fois à Trainsmania 2017 pour la première fois.